Aurélien Barrau – Intervention à l’Académie du Climat
Le président de l’Occident est à l’image vile et veule de sa politique — de la nôtre donc, de celle que nous avons choisie en toute conscience. Désormais, nous ne pouvons plus feindre d’ignorer. C’est cela qui est nouveau, et c’est presque une bonne chose.
Trump n’est pas un accident ou un faux pas. Il est un moment de fidélité, un symbole parfaitement adapté, hélas, à ce qu’il symbolise : l’impérialisme, le racisme, le sexisme, le climatoscepticisme, le classisme, le spécisme, le masculinisme, le colonialisme, dans toute leur brutalité crasse.
La négation de l’histoire et la pulvérisation du droit s’exhibent au grand jour, avec fierté. Tout cela préexistait à Trump. Tout cela se passe ailleurs aussi que chez Trump. C’est un peu notre spécialité.
Mais Trump a cette vertu de le montrer, de l’incarner. Tout en lui le crie, le hurle, le transpire et le vomit. Il n’y a que du rapport de domination.
Trump nous fait un peu payer symboliquement — et ça, c’est presque réjouissant. Un vieux mâle maltripotant, vulgaire et stupide comme égérie de notre civilisation. Petite blessure narcissique, mais enfin, on l’a bien méritée, puisqu’on l’a même choisi.
On ne peut plus agir de manière abjecte et se fantasmer raffiné ou délicat. La barbarie aurait-elle changé de camp au grand jour ? Nous le savions, mais maintenant nous le voyons.
La seule question intéressante, à l’exclusion de toute autre, est celle-ci : l’assumons-nous ? Souhaitons-nous vraiment cela ? Le désirons-nous ?
Je ne parle pas du personnage de Trump, qu’il est aisé de haïr. Je parle de ce dont il est l’emblème : de nos valeurs et de nos projets.
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