Dans son ouvrage trop rarement convoqué, Pour une critique de la violence, le philosophe allemand Walter Benjamin révèle combien la violence policière concentre ce qu’il y a de plus dangereux et de plus ignoble dans l’exercice du pouvoir.
Ignoble, elle l’est d’abord parce qu’elle est fondatrice : elle grave sans relâche la marque de ses décisions sur le corps social. Contrôle au faciès, arrestations arbitraires, brutalités physiques, injures racistes — chaque acte réaffirme, sous couvert de légalité, un ordre idéologique que la violence ne cesse de régénérer.
Mais cette violence est tout autant conservatrice : elle exhibe, au grand jour, les desseins vitaux d’une classe dominante incapable de les accomplir sans recourir à la force. Elle signale, par les cibles qu’elle réprime, les phénomènes sociaux que le pouvoir désire effacer.
Lorsque l’extrême droite accède au pouvoir, elle parachève ce processus : elle fascise la police, la légitime dans ses dérives, la protège et l’exalte au nom de l’« ordre ». Ainsi, l’abus devient principe, et la brutalité, doctrine d’État.
Aucune violence d’État n’est légitime. Aucune violence policière n’est légitime. La seule violence légitime est celle qui renverse les tyrans.
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